Katana

Symbole de la caste des samouraïs, le katana () est un sabre de plus de 60 cm. Il est porté glissé dans la ceinture, tranchant dirigé vers le haut (vers le bas si le porteur est un cavalier). Porté avec un wakizashi, ils forment le daisho. Certaines périodes de l'histoire japonaise étant plus calmes, le katana avait plus un rôle d'apparat que d'arme réelle. Le katana est une arme de taille (dont on utilise le tranchant) et d'estoc (dont on utilise la pointe).

Par extension, le terme katana sert souvent à désigner l'ensemble des sabres japonais (Tachi1, uchigatana 2 etc.)

Sa production dépasse celle du tachi pendant l'ère Muromachi3 (après 1392).

 

Fabrication de la lame


 Les anciens forgerons ont imaginé et mis au point un processus très complexe pour aboutir à une lame quasiment parfaite. Tout commence avec la production d'acier brut appelé Tamahagane. Le processus pour obtenir cet acier est unique au monde. Le minerai, déjà soigneusement choisi, est fondu avec un mélange de sable ferrugineux et de charbon de bois.  Mais seul un infime pourcentage de minerai sera transformé en acier brut (on estime entre 1% et 10% du poids de départ du minerai). Déjà, à ce niveau se dégage l'excellence du matériau ! Les morceaux de métal ainsi produits sont cassés en petits bouts de 3 à 5 cm que le forgeron triera suivant la teneur en carbone et donc, la dureté.

Ensuite, il réunit le tout en un bloc de la forme d'une brique, puis le chauffe sur un feu de charbon de bois. A bonne température, le forgeron les aplatit avec un marteau en un bloc compact puis le trempe dans l'eau et recasse le tout en petits morceaux. Cette opération peut être répétée plusieurs fois. Ensuite, quand le forgeron estime sa brique de métal prête, il la chauffe et la forge sur l'enclume en pliant son métal de nombreuses fois.

Ce processus de forge et de pliage successifs permet à l'acier de se débarrasser de ces impuretés, tout en uniformisant sa teneur en carbone. Bien sûr, chaque atelier a sa manière de forger et plier le métal. Ce travail sera visible plus tard sur la lame avec ce que l'on nomme le grain de l'acier. Chaque fois que le métal est plié, cela double les couches d'acier. On arrive donc assez vite à un nombre très important.

Une fois la forme de la lame obtenue, on arrive au stade de la cuisson et de la trempe. Ce travail est très délicat. Il faut veiller à ce que le tranchant soit plus dur que le reste de la lame. Pour cela, la lame est recouverte d'un mélange d'argile, de poudre de charbon de bois et de petits secrets de chacun...

Ce travail fini, on chauffe la lame sur un feu de charbon de bois et quand le forgeron estime la bonne température atteinte, il plonge la lame dans l'eau. Le tranchant, moins protégé par une mince couche d'argile, se refroidit plus vite que le reste de la lame et acquiert sa dureté définitive. Entre les deux parties de la lame, apparaît bien visible la ligne de trempe.

Ensuite la lame est grossièrement polie pour lui donner sa forme définitive. A ce stade, si le maître est satisfait du résultat, il donnera la lame au polisseur qui finira le sabre.

Cette opération, d'une grande difficulté, est bien plus importante que polir simplement une pièce de métal. Pour un sabre japonais, le polissage signifie non seulement le tranchant du sabre, mais implique aussi une notion d'embellissement de la lame. En effet, c'est grâce au polisseur que le travail du métal réalisé dans les forges sera visible. C'est une étape cruciale.

Le polissage est effectué avec des pierres d'origine volcanique typiquement japonaises. En général une dizaine de pierres sont utilisées. Chacune de plus en plus fine jusqu'aux petites pierres de finition.

Le Katana aujourd'hui

Avec l'interdiction du port du sabre dans la rue initiée en 1876 à l'ère Meiji, la grande tradition du sabre utilitaire et social a pris fin. Les artistes vieillissant, les grandes traditions ont bien failli se perdre.

A la fin de la guerre, les traditions et les techniques de forge étaient vraiment en danger d'extinction. Heureusement, les efforts d'un petit groupe de Japonais réussirent à faire admettre à l'armée américaine la valeur du sabre, bien plus importante qu'une simple arme, qui, il faut bien l'admettre, avait perdu en utilité au XXe siècle.

Il existe aujourd'hui des artistes de grand talent. Certains ont même le titre de trésor national vivant. Incontestablement, ces artisans forgent des lames magnifiques, parfaitement dignes d'être collectionnées. es superbes sabres, appelés Shinsakuto, sont, pour certains, de pures merveilles. Forgés par les meilleurs artisans du Japon, ils égalent parfois les sabres de la grande époque Koto.

 

 

 Vous pouvez aussi découvrir les différentes parties du katana.

 

1 Le tachi (大刀) est un sabre droit possédant une lame courbe d'environ 70 cm, précurseur du sabre japonais classique. C'est principalement une arme de cavalerie.

2 L'uchigatana (打刀? épée de combat) est un sabre japonais utilisé à une main, fabriqué pendant la période Muromachi mesurant entre 60 cm et 90 cm.

3 L'époque de Muromachi (室町時代, Muromachi jidai) est l'une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Elle correspond à l'époque qui s'étend entre 1336 et 1573.

Démonstration :

 

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