Shinai

Le shinai (竹刀) est l'arme utilisée dans la pratique du Kendo (ou Ken-jutsu). Elle est composée des quatre lames de bambou (ou de matériaux synthétiques comme des fibres de carbone) maintenues par des pièces de cuir. Elle est utilisée à l'entraînement pour sa flexibilité et sa très grande résistance aux chocs. Lors des katas, on lui préfère le bokken.

 

 

Sommaire :

 


 

Historique

Le shinai classique

 Le shinai du XXIe siècle

Dimensions du shinai

Lutte professionnelle

Fabrication du shinai

 


 

 

Historique 

 

 

L’apparition du shinai remonte sans doute aux environs du XVIIe siècle. Cette arme d'entraînement fut mise au point dans le but de permettre des assauts réels à l'entrainement ce qui n'est pas possible avec le bokken, sabre de bois plein. Conjuguée avec le port du bogu1, l’utilisation du shinai permet un entraînement à vitesse et à frappe réelles sans risque de dommage corporel pour les pratiquants.

L’entraînement au kenjutsu (l'ancêtre du kendo moderne) avec le shinai a toutefois mis plusieurs siècles à s’imposer dans les différentes écoles de sabre du Japon à la place de l’entraînement traditionnel par le biais des katas. De nombreuses écoles de sabre ont peu à peu reconnu que pour appréhender vraiment l’essence du combat, il était nécessaire que les combattants s’équipent du bogu et utilisent le shinai afin de pouvoir se familiariser avec la confusion qui résulte d’un entraînement audacieux et sans retenue.

 

1 Le terme bogu est d’origine japonaise (防具) et désigne l’ensemble des protections utilisées lors de la pratique du kendo.

 

 


 

 

Le shinai classique

 

 


 

Le shinai du XXIe siècle

Jadis le shinai était exclusivement constitué par l'assemblage de lames issues d'un bambou (take) fendu en quatre dans sa longueur. Or, la pratique du kendo peut s'avérer très éprouvante pour le bambou qui s'effrite et s'abime au fur et à mesure des entraînements. La société Japonaise Hasegawa a breveté un shinai fait de lames réalisées en fibres de carbone. La durée de vie du shinai en carbone est meilleure que celle du shinai traditionnel en bambou et le shinai en carbone nécessite moins d'entretien.

La Fédération de Kendo du Japon (ZNKR) a homologué cette arme et l'autorise lors des compétitions et des tournois.

Par ailleurs, devant la production hors du Japon de shinai à bas coût et de construction pouvant se révéler dangereuse, la chambre de commerce japonaise du matériel pour arts martiaux (Zen Nihon Budogu Shokokai) a développé un label de qualité pour les shinai en bambou. Ce label garanti que les shinai qui le portent ont été réalisés à partir de bambous de qualité selon les méthodes traditionnelles. Le label, qui se présente sous la forme d'un autocollant apposé sur le shinai, porte les lettres SSP (Shinai Safety Promotion).


 

 Dimensions du shinai

 

La longueur totale du shinai est exprimée en unités traditionnelles japonaises: le shaku (qui vaut environ 30,3 cm) et le sun (qui vaut environ 3,03 cm). Un shinai 39 est un shinai de 3 shaku et 9 sun soit 3 x 30,3 + 9 x 3,03 = 118,6 cm.

La longueur, le poids du shinai (mesuré sans la tsuba), et le diamètre du saki-gawa font l'objet d'une réglementation qui fixe des limites en fonction de l'âge et du sexe des pratiquants.

Dans la technique à 2 sabres (nito), une réglementation particulière est appliquée.

 

 


 

 

Lutte professionnelle

 

Le shinai est devenu une arme populaire dans le monde de la lutte professionnelle. Il est très souvent appelé Singapore cane ou kendo stick. Il est très identifié avec The Sandman. Il est aussi identifié avec Steve Blackman, Tommy Dreamer, Justin Credible et Shane McMahon durant ses apparitions comme lutteur.

 

 


 

 

 Fabrication du shinai

Sélection du bambou :

Le choix du bambou

Au cours de sa croissance, le bambou est exposé au vent et à la pluie et souffre également lorsqu’il neige abondamment. C’est durant cette période qu’on élague les branches et les feuilles du sommet afin d’obtenir un bambou en forme de pieu.

Dans des conditions normales de croissance, le sommet du bambou penche d’un côté ou de l’autre sous le poids des feuilles et des branches. Ceux qui poussent ainsi sont appelés [Ura ga nai]. Qu’importe l’épaisseur ou la beauté d’un bambou [Ura ga nai] puisqu’il ne peut être utilisé pour la fabrication de shinai. Un shinai conçu à partir d’un tel bambou se fendrait à coup sûr au bout d’un court laps de temps et les échardes le rendraient éminemment dangereux.

La coupe

On sélectionne à l’aide d’une règle le bambou idéal pour fabriquer un shinai. Maître Susumu faisait jadis pousser ses propres bambous, mais aujourd'hui il se borne à rechercher et sélectionner les meilleurs spécimens. Il faut l’oeil expert d’un maître pour procéder à une sélection rigoureuse.

On utilise du bambou âgé de trois à cinq ans. La couleur et l’épaisseur des jointures sont des éléments importants à prendre en considération lors de la sélection.

Le shinai « classique » (en bambou) est composé de 4 lames de bambou (take) maintenues entre elles par 2 pièces de cuir (cuir de daim), une à chaque extrémité, reliées entre elles par un cordon (tsuru).

La pièce de l'extrémité (ken-sen) du shinai représente la pointe du sabre et est appelée saki-gawa. Il est fixée au tsuru qui tout en maintenant solidaires les lames de take qui constituent l'arme, matérialise la partie opposée au tranchant de la lame du sabre. Le saki-gawa recouvre souvent une petite pièce en plastique appelée saki-gomu qui permet d'éviter le pincement des extrémités des lames de bambou.

La tsuka-gawa est le manchon en cuir qui sert de poignée au shinai.

Entre le saki-gawa et la tsuka, un cordon de cuir le naka-yui ou nakajime assure le maintien des lames. Il est en général situé au premier tiers de la longueur du shinai.

La tension du tsuru est assurée par une système de nœud (komono) relié à un cordon de cuir attaché au tsuka-gawa (kawa himo).

La garde est constituée d'une pièce en cuir ou en plastique ronde de 9 cm de diamètre maximum qui est souvent maintenue en place sur la tsuka au moyen d'une rondelle en cuir ou en plastique le tsuba dome.

 

Séchage du bambou : 

Séchage au soleil

Le bambou bouilli est mis à sécher au soleil pendant environ un mois, puis sous serre pendant encore un mois. En deux ou trois mois, le bambou prend la couleur caractéristique du shinai.

Le bambou que l'on n'aura pas fait bouillir sera mis à sécher uniquement sous serre pendant trois à quatre mois. Les shinai n'ayant pas subit le processus du bain sont très prisés de certains amateurs de kendō car le bambou garde toute sa souplesse.

 

La pesée

Une fois sec, le bambou est découpé en quatre lamelles, chaque ensemble de pièces est ensuite pesé.

Le poids indiqué pour un shinai d’adulte est d’au moins 1,2 kg.

Les plus légers serviront à fabriquer des shinai courts ou des shinai pour enfants.

Travail de taille :

Dégauchissage (SOBA)

Le bambou est ensuite grossièrement raboté pour lui donner progressivement la forme d’un shinai.

Cintrage (TAME ou NOBASHI)

Le bambou est chauffé à l’aide d’un TAMEDAI, un outil spécialement conçu par Maître Susumu, puis le TAMEGI, autre outil fait maison, permet de lui donner sa courbure. C’est lors de ce processus, appelé TAME, que l’on décide de la grosseur, de la forme et de l'équilibre à donner au shinai.

Le TAME est un processus très important qui détermine la qualité du shinai. La durée du chauffage ou l’intensité du cintrage sont des opérations qui ne peuvent être vraiment maîtrisées qu’après de longues années d’expérience.

Chaque pièce de bambou est cintrée individuellement de telle sorte que lorsqu’on les assemble elles coïncident parfaitement. Si à ce stade les pièces ne coïncident pas parfaitement, il sera impossible de corriger ce défaut ultérieurement. La surface du bambou sera ensuite dolée à l'aide d'un couteau pour lui donner sa forme arrondie..

Le façonnage :

Façonnage de la poignée (TUKA)

 La jointure du bambou située au niveau de la poignée est taillée

Le rabotage

 A l'aide d'un autre outil fait maison, le bambou est raboté afin de lui donner la forme d'un shinai.

Raclage au couteau

Un petit couteau sert aux finitions. Par ajustage précis on veille à ce que les joints de chaque lame de bambou soient alignés, puis on ponce les bords. La plupart des outils utilisés pour fabriquer des shinai sont fait maison.

Rabotage de la surface

Les jointures des lames de bambou sont rabotées à l’aide d’un très petit rabot. Ce qui très important lorsqu'on frappe avec un shinai c’est que l’une des lames glisse et vienne s’insérer entre les trois autres pour qu’ensemble elles absorbent et réduisent l’impact de la frappe. C’est ce ponçage délicat qui fait du shinai un produit fini quasiment unique.

Ponçage

Les parties sont ensuite poncées avec du papier sablé.

Montage du shinai :

Insertion du rivet

Les quatre sections sont rassemblées et un petit rivet est inséré dans la poignée.

Finition de la poignée

A l’aide d’un rabot et de papier sablé, la poignée est façonnée en forme ronde ou ovale.

Ultimes finitions

Au besoin, on ajuste la poignée et on achève les finitions avec du papier sablé et un polissoir.

Lustrage à l’huile

Le bambou est lustré à l’huile de colza bouillie ce qui confère au nouveau shinai cette patine et cette odeur si particulière.

Les finitions :

Pose des noeuds

La dernière étape du processus de fabrication d’un shinai consiste à nouer de petits fils autour du bambou.

Test du shinai

Le Maître teste le shinai terminé en pratiquant plusieurs armés. S'il n’en est pas pleinement satisfait, ou s’il pense qu’il ne convient pas à ce qui a été commandé, il ne le mettra pas en vente.

Marquage du shinai

Finalement, le nom AKATSUKI est marqué sur le shinai ; le travail est terminé.

 

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